Panorama international

Définition et caractéristiques de l'extrême gauche


échiquier politique

Cette page présente, de façon descriptive, l'implantation internationale des courants classés par la littérature académique à l'extrême gauche ou à la gauche radicale. Les qualifications employées sont celles de cette littérature.

Une famille aux frontières mouvantes

Les comparatistes distinguent généralement deux ensembles au sein de cette famille.

Une gauche radicale, qui participe aux élections, siège dans les parlements et parfois dans des exécutifs, tout en défendant une rupture avec les politiques économiques dominantes.

Une extrême gauche au sens strict, révolutionnaire ou libertaire, dont l'action se situe davantage dans le champ social et militant que dans le champ institutionnel.

La frontière entre les deux ensembles est l'objet de discussions permanentes, et le classement d'une même organisation varie selon les auteurs.

En Europe

Plusieurs pays européens comptent des formations de gauche radicale représentées au parlement, avec des résultats électoraux variables selon les pays et les périodes, et des participations gouvernementales dans quelques États.

Ces formations se sont regroupées au Parlement européen dans un même groupe politique, dont la composition a évolué au fil des législatures.

Les trajectoires nationales divergent fortement : partis communistes historiques transformés, formations issues de mouvements sociaux, coalitions créées après la crise financière de 2008 dans les pays du sud de l'Europe.

En Amérique latine

La région présente une configuration particulière : plusieurs gouvernements issus de la gauche radicale y ont exercé le pouvoir depuis les années 2000, avec des orientations et des bilans très différents, et des alternances fréquentes.

La littérature distingue généralement des expériences sociales-démocrates, des expériences nationales-populaires et des régimes dont le caractère démocratique fait débat.

Les mouvements paysans et indigènes constituent, dans plusieurs pays, une base sociale spécifique sans équivalent européen.

Ailleurs

En Asie, plusieurs partis communistes gouvernent ou participent à des gouvernements d'État, dans des contextes politiques très divers.

Aux États-Unis, la tradition socialiste est minoritaire mais a connu un regain de visibilité au sein du Parti démocrate depuis les années 2010, sous des formes qui relèvent, selon les auteurs, de la social-démocratie plutôt que de l'extrême gauche.

En Afrique et au Moyen-Orient, l'héritage des mouvements de libération nationale a produit des configurations spécifiques, souvent mal décrites par les catégories européennes.

Les débats internes

Trois lignes de partage traversent durablement cette famille politique et expliquent une bonne part de ses scissions.

Le rapport aux institutions : participer aux élections et aux gouvernements, ou considérer que cette participation dénature le projet.

Le rapport à la nation et à l'Europe : internationalisme, souverainisme de gauche, ou refonte des traités.

Et le rapport aux mouvements sociaux : le parti dirige-t-il, accompagne-t-il, ou se contente-t-il de relayer ?

Les limites des catégories

Plusieurs chercheurs soulignent que la grille gauche-droite, née d'une assemblée française de 1789, s'applique inégalement hors d'Europe, où les clivages structurants peuvent être ethniques, religieux, régionaux ou liés au rapport à l'ancienne puissance coloniale.

Un classement international doit donc être lu avec prudence : il décrit davantage la position d'un mouvement dans un espace politique national que dans un espace universel.

Ressources utiles